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Orchestres en fête ! Pendant 10 jours, plus de 200 événements partout en France
Le texte qui suit a tout d’un inventaire à la Prévert : nous proposons au lecteur de le guider à travers les multiples événements d’Orchestres en fête ! sans qu’il oublie dans ce voyage sa curiosité personnelle, ses affinités et ses désirs.
La variété des formes et des propositions musicales est l’un des traits marquants d’Orchestres en fête !
Les concerts symphoniques faisant appel à l’effectif complet du « grand orchestre » sont évidemment nombreux. Toutefois, la manifestation fait aussi la part belle à la musique de chambre, au récital et au lyrique.
C’est d’ordinaire les soirs de concert que l’on peut apercevoir les musiciens d’orchestre, du fauteuil depuis lequel on écoute leur interprétation. Cependant, les musiciens et les chefs rivalisent d’inventivité afin de mettre en place une multitude d’actions originales et séduisantes pour faire découvrir l’orchestre sous un autre jour, pour dissiper les mystères de l’interprétation.
Pour ces raisons, la programmation d’Orchestres en fête ! est organisée selon trois rubriques destinées à mettre en oeuvre un véritable partage avec le public :
Les concerts, coeur d'activité des orchestres ;
A la découverte de l’orchestre, qui regroupe l’ensemble des initiatives destinées à favoriser la découverte de l’orchestre par tous les publics ;
L’orchestre et l’école, qui rassemble les propositions destinées aux scolaires et à leurs enseignants.
Martin Matalon (né en Argentine en 1958) Orchestre philharmonique de Nice, Enno Poppe (Allemagne, 1969) Ensemble Intercontemporain, Erkki-Sven Tüür (Estonie, 1959) Orchestre National de Lyon, Alexander Warenberg (Russie, 1952) Orchestre Philharmonique de Radio France, et Pascal Zavaro (France, 1959) Orchestre de Picardie.
Rappelons que c’est aux directeurs musicaux des orchestres membres de l’AFO que l’on doit la programmation d’Orchestres en fête ! Vous pourrez les retrouver dans leur ville ou leur région : à Strasbourg, Marc Albrecht ; à Cannes, Philippe Bender ; dans le Nord-Pas de Calais, Jean-Claude Casadesus ; à l’Orchestre philharmonique de Radio-France, Myung-Whun Chung ; à la direction musicale de l’Orchestre de chambre de Toulouse, Gilles Colliard ; en Limousin, Guy Condette ; dans les Pays de Savoie, Graziella Contratto ; en Basse-Normandie, Dominique Debart ; en Bretagne, Olari Elts ; à la direction musicale de l’Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach ; à Nice, Marco Guidarini ; à Mulhouse, Daniel Klajner ; en Poitou-Charentes, Jean-François Heisser ; à l’Orchestre national des Pays de la Loire, Isaac Karabtchevsky ; dans le Pays de Béarn, Fayçal Karoui ; à Monaco, Yakov Kreizberg ; à la tête de l’Ensemble intercontemporain, Susanna Mälkki ; à Lyon, Jun Märkl ; à l’Orchestre national de France, Kurt Masur ; à Metz, Jacques Mercier ; à Grenoble, Marc Minkowski ; à la tête de l’Ensemble orchestral de Paris, John Nelson ; en région Centre, Jean-Yves Ossonce ; en Aquitaine, Kwamé Ryan ; dans les Pays de la Loire, Oswald Sallaberger ; à Toulouse, Tugan Sokhiev ; en Auvergne, Arie Van Beek ; en Picardie, Pascal Verrot.
Orchestres en fête ! permet la réédition de l'ouvrage – Des instruments à la musique, destiné aux 8-12 ans publié dans la collection « les petits débrouillards » chez Albin Michel Jeunesse, sur une initiative de l’Orchestre national de Lyon : un beau moyen de découvrir la musique, les sons et le fonctionnement de l’orchestre.


LES CONCERTS
La diversité des formes constitue bien l’une des particularités de la musique. Cette variété et cette richesse confrontent les artistes à des univers sonores très différents les uns des autres, comme ont pu l’être leurs époques de création, de la période baroque jusqu’à l’année 2008. La musique invite donc auditeurs et interprètes à un parcours à travers les âges et les cultures aussi fascinant et surprenant qu’une plongée dans l’histoire.

Un parcours à travers le temps et les univers sonores
Imaginons que l’itinéraire débute sous l’égide de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen avec une oeuvre que Jean-Sébastien Bach a écrite en 1729, mais dans une adaptation de Franck Krawczyk réalisée en 2008. Alors que la plupart des spectacles chorégraphiques utilisent de la musique enregistrée, l’orchestre est ici l’accompagnateur « live » de la danse contemporaine, dans une oeuvre musicale originale. La programmation d’Orchestres en fête ! comprend surtout des oeuvres symphoniques. Il s’agit donc de ne pas manquer la seule oeuvre lyrique, jouée par l’Opéra national de Paris qui ouvre les portes de sa pré-générale pour Fidelio dont Beethoven acheva l’écriture en 1805. Grâce à l’Orchestre national des Pays de la Loire, on peut redécouvrir la beauté classique de sa 7ème symphonie (1809-1821). Le compositeur polonais Wienawski était aussi un violoniste virtuose ; lÂ’Orchestre philharmonique de Strasbourg met en avant lÂ’un de ses concertos (1870) qui sert à merveille son instrument de prédilection. LÂ’Orchestre national de Lorraine avec Dvorak (1885) et l’Orchestre de Paris avec Brahms (1877) ont quant à eux fait le choix de consacrer une soirée complète à un même compositeur, afin de permettre au public de plonger dans un univers sonore unique qui dit beaucoup de l’intimité de l’artiste. Bruckner (1872) était fasciné par l’oeuvre de Liszt (1853) auquel il vouait une admiration sans bornes ; la décision de l’Orchestre national de France de les programmer au cours d’un même concert illustre les liens qui unissent leurs musiques respectives. Deux ans avant sa mort, Schubert a écrit une 9ème symphonie (1826), qui sera d’ailleurs sa dernière ; elle est interprétée pendant Orchestres en fête ! par l’Ensemble orchestral de Paris.
1 Les dates indiquées sont celles de l’écriture ou de la création de l’oeuvre

Enfin, la musique française est au rendez-vous de nombreux concerts, notamment de l’Orchestre de Cannes avec deux oeuvres pour flûte et orchestre de François Devienne et de Jacques Ibert (1834), tandis que les Musiciens du Louvre-Grenoble jouent Harold en Italie de Berlioz (1834).

Les oeuvres récentes
De nombreuses oeuvres de la fin du XXème siècle sont également présentées : Pierre Boulez dirige l’Ensemble intercontemporain dans plusieurs de ses compositions, auxquelles il a choisi d’associer des pièces de Dai Fujikura (2004) et Stravinsky (1913 et 1954). L’Orchestre national Bordeaux-Aquitaine propose de découvrir Alexander Arutunian (1950), compositeur arménien, tandis que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo réunit au sein d’un même programme les figures historiques Yannis Xénakis et Luciano Berio à Fausto Romitelli et Gérard Grisey. A l’occasion du centenaire de sa naissance, un hommage est rendu à l’un des maîtres français, Olivier Messiaen ; on peut ainsi découvrir ou réentendre Les oiseaux exotiques (1955-1956), joués par l’Orchestre national de Lille, ainsi que de nombreuses pièces de musique de chambre interprétées par les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg.

Les créations
Dans la programmation des orchestres, les oeuvres nouvelles occupent une place révélatrice de l’importance de la création et du répertoire contemporain.
On pourrait croire que ce sont seulement les compositions les plus récentes qui font l’objet d’une création ; or le Concerto en do mineur (1847) pour harpe et orchestre de Parish-Alvars est joué pour la première fois en France à l’occasion d’Orchestres en fête ! par l’Orchestre symphonique de Mulhouse. La vitalité de la création contemporaine est tout particulièrement valorisée : cinq créations mondiales ont lieu en seulement dix jours. Celles-ci sont le fait de jeunes compositeurs originaires de différents pays : Allemagne, Russie, Argentine, Estonie, France. Cette programmation est aussi l’occasion d’un échange avec les compositeurs, présents dans la salle et disponibles pour dialoguer avec le public.

Croisements
Témoignant de leur ouverture à des artistes qui n’appartiennent pas directement au champ de la musique dite classique, les orchestres savent organiser un dialogue riche d’émotions et de sens. Par exemple, l’Orchestre de Picardie s’associe à l’octuor vocal « les Swingle Singers », qui se produit généralement a capella dans un répertoire allant du classique à la variété, d’Etienne Daho à Luciano Berio. A Lille, Mosalini et son bandonéon viennent raviver les liens qu’il y a toujours eu entre classique et jazz. Par l’entremise de Clotilde Hesme, qui se joint à l’Orchestre national de Lille dans l’interprétation du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, la fonction jouée par le texte dans bon nombre d’oeuvres musicales est mise en valeur. Ce dialogue existe aussi entre la musique et d’autres formes d’expression artistique, comme le cinéma ; c’est ce regard de l’image sur le son que l’Orchestre philharmonique de Nice donnera à voir et à entendre durant un week-end à la cinémathèque de Nice. Enfin, sur une initiative de l’orchestre symphonique régional Limoges-Limousin, des démonstrations et initiations au Tango Nuevo par Maria et Sébastian Escobar s’achèveront par un grand bal ouvert à tous les publics.

Les grands chefs et solistes internationaux
La musique n’existe que par la grâce des interprètes qui se saisissent des répertoires : sont présentes de grandes figures internationales comme, parmi les chefs, Kurt Masur, Vladimir Spivakov ou Christoph Eschenbach et parmi les solistes, Boris Berezowski, Ilya Gringolts, ou Louis Lortie. Aux côtés des orchestres, on retrouve également la fine fleur des solistes français, dont certains débutent leur carrière. De Jérôme Pernoo à Marielle Nordmann, ou Jean-François Heisser, Raphaël Oleg, Fréderic Angleraux, Jean-Efflam Bavouzet, Claire Désert, Jérôme Ducros, Françoise Kubler, Marie- Josèphe Jude, Xavier Phillips, Juliette Hurel, Antoine Tamestit, Fanny Clamagirand, voici un bel exemple des parcours et des générations qui s’épaulent dans la maîtrise de ce métier aussi exaltant qu’exigeant.

Les musiciens au coeur de l’action
De nombreux musiciens des orchestres s’investissent aussi dans des concerts de musique de chambre, en soliste avec leur formation, ou encore en commentant les oeuvres. C’est un signe qui ne trompe pas de leur dynamisme, qui n’est pas sans effets sur la vie musicale de notre pays et des ensembles auxquels ils appartiennent.

Les femmes à l’honneur
Doit-on considérer que c’est un signe du nouveau siècle, ou une simple coïncidence ? Quoiqu’il en soit, c’est assurément une première. Pendant Orchestres en fête ! quatre femmes sont au pupitre des orchestres français : Graziella Contratto à l’Orchestre des Pays de Savoie, Stamatia Karampini à l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, Andrea Quinn à l’Orchestre de Bretagne, Anu Tali à l’Orchestre national de Lyon. On s’en voudrait enfin de ne pas citer Susanna Mälkki qui, sans diriger de concert pendant l’événement, est la directrice musicale de l’Ensemble intercontemporain depuis 2005.

1 Les dates indiquées sont celles de l’écriture ou de la création de l’oeuvre
A LA DECOUVERTE DE L’ORCHESTRE
Les actions de sensibilisation n’ont pas pour but premier d’enseigner la musique mais d’ouvrir au plaisir de la musique. Les musiciens qui mettent en oeuvre ces programmes de découverte restent des artistes et cette position leur permet une contribution qui ne fait pas appel aux moyens d’un pédagogue, mais aux ressources du sensible, de l’imaginaire et de la création. Dans le cadre d’une action de médiation, quelque soit l’âge ou la culture personnelle du public auquel ils s’adressent, ils savent établir des passerelles entre initiation, découverte et apprentissage.

Goûter la musique
Pendant Orchestres en fête ! les orchestres vont jusqu’à offrir au public la possibilité de monter sur scène, lors des « Cuisines Internes » à  Lille, où Jean-Claude Casadesus commente la répétition pour le public qui est dans la salle mais également pour des auditeurs assis sur scène, au coeur des musiciens. Ceux-ci ont même la chance de déguster les gaufres de Méert avec Bruno Mantovani, qui mêle gastronomie et musique pour le bonheur du public.

Concerts commentés et ouverts aux musiciens amateurs
En donnant au public des clefs de compréhension, les orchestres témoignent de leur capacité à rendre les oeuvres programmées accessibles à tous. Ainsi, la directrice musicale de l’Orchestre des Pays de Savoie, Graziella Contratto, commente le programme avec le public 45 minutes avant le début de chaque concert. A Rennes, sous la baguette d’Andrea Quinn, un moment de travail autour d'un concert est ouvert aux instrumentistes amateurs par l’Orchestre de Bretagne. Lors de ces actions, chacun est invité à se familiariser avec les sons, les musiciens et leurs instruments. Le public manipule la musique, la décompose et la recompose sans qu’il soit pour autant requis d’être un mélomane averti. Dès lors, mettant en jeu sa propre créativité, il découvre le travail de l’orchestre de l’intérieur, depuis les coulisses.

L’orchestre hors les murs
Les musiciens de l'Orchestre national de Bordeaux, sous la direction de leur chef Kwamé Ryan, se rendront pendant Orchestres en fête ! dans un lieu qui n’a rien d’une salle de concert ordinaire : IKEA. En effet, s’il veut rendre accessible à tous le design, l’orchestre souhaite faire entendre la musique classique au plus grand nombre. IKEA et l’ONBA partagent donc un objectif commun : démocratiser l’art sous toutes ses formes. Le temps d’une rencontre inédite, ils uniront leurs talents pour faire de cette journée un événement musical étonnant, dans un décor signé IKEA : en pièces détachées (duo, quatuor...), des canapés aux chambres à coucher (danse de salon, musique de chambre…). Soucieux d’être au plus près des habitants de Metz, l’orchestre national de Lorraine et la compagnie de transports de la ville s’associent pour organise proposer un parcours musical en bus.

Visites des coulisses
Orchestres en fête ! est également l’occasion de pénétrer dans les lieux qui sont généralement fermés au public. Les visites guidées des salles de répétition ou de concert de l’orchestre, comme à Rennes grâce à l’orchestre de Bretagne ou à Lyon, permettent d’explorer les recoins d’un lieu magique et inconnu.

Et aussi :
Les programmes correspondent aux envies de chacun ; le jeune cadre dynamique débordé n’aura pas d’excuse : les « Concerts Expresso », à  Lyon ou à  Limoges, sont organisés pendant la pause-déjeuner, à  partir de 12h30 ! Si un public se trouve dans l’impossibilité de se déplacer, les musiciens de l’Orchestre de Pau - Pays de Béarn par exemple, n’hésitent pas à  sortir de leur salle de répétition pour une déambulation surprise à  la rencontre des habitants de la ville. Enfin, pour ceux qui aiment se laisser surprendre, l’Orchestre de chambre de Toulouse propose au public de choisir lui-même, au dernier moment, les oeuvres qu’il veut entendre, lors d’un « concert à la criée », pour de belles découvertes en perspective !

L’ORCHESTRE ET L’ECOLE
Les orchestres portent une attention constante à la formation du public demain. Certains programmes réservés aux scolaires présentent le concert sous un jour adapté à leur jeune âge.

Ateliers et rencontres avec le public scolaire
Les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio-France animent un atelier pédagogique en préparation du concert des « Clefs de l'orchestre de Jean-François Zygel » diffusé par France Télévisions. Par le biais de partenariats avec l’Education nationale, les musiciens accueillent des classes en résidence ; celles-ci, intégrées à la vie de l’orchestre, ne le découvrent pas de façon ponctuelle mais apprennent à le connaître au fur et à mesure des échanges qui peuvent durer plusieurs années. Les cours à l’école sont donc vécus différemment, les enseignants pouvant développer des ressources pédagogiques nouvelles grâce à la présence de l’orchestre. Certaines répétitions sont réservées au public scolaire : à Mulhouse, c’est la classe entière qui se déplace à l’orchestre, dialogue avec les musiciens et interroge chacun à loisir. Les artistes sortent du centre-ville : ainsi, à Strasbourg, le compositeur s’installe en résidence dans certains quartiers difficiles avec lesquels une collaboration est mise en oeuvre. Souvent, des musiciens – ceux de l’orchestre de Picardie par exemple –, s’invitent dans un établissement pour un atelier de découverte de leur métier. Les frontières s’estompent alors entre le monde de l’artiste et celui de l’éducation, sans que les échanges ne soient jamais assimilés à un cours de solfège.

Une programmation adaptée au jeune public
La musique et la science ont souvent partie liée ; ainsi l’Orchestre Poitou-Charentes propose-t-il des ateliers expérimentaux autour de la question du son et de sa transformation en musique grâce à l’instrument. A Lille, une programmation intitulée « Zoo en musique, » met en valeur les oeuvres liées au monde animal. On favorise ensuite un suivi du thème en classe par une réflexion menée de concert avec les enseignants, par des expositions de dessins d’enfant, comme c’est le cas à Nice. Ces collaborations sont complétées par des concerts réservés au jeune public : l’Orchestre symphonique Région Centre-Tours a mis en place les « Concerts pour les petites oreilles » dont la durée et le programme sont tout particulièrement adaptés au public scolaire.

Tous ces exemples, qu’il s’agisse des concerts comme des actions d’accompagnement, révèlent la diversité et le foisonnement des initiatives prises par les orchestres qui savent proposer en même temps les formes les plus complexes et les joies les plus simples, celles de la découverte, de l’écoute, de l’émotion.